Quand l’école laisse croire à des élèves qu’ils sont moins bons apprenants et moins bien comme personne que les autres.

Une contribution de Alain drolet PH.d. Retraité de l’enseignement universitaire.

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Le texte proposé se veut un plaidoyer en faveur d’une meilleure reconnaissance envers les élèves qui ont subi ou subissent encore des formes de dévalorisation de leur personne durant leur parcours scolaire. Des élèves qui ont enduré l’école et ont entretenu envers elle de la rancune ou de la déception, jusqu’à intérioriser le fait qu’ils sont moins bons apprenants et moins bien comme personne que les autres élèves. Le raisonnement qui prévaut dans ce texte part du fait que notre système éducatif, en se targuant du grand principe de l’égalité des chances pour tous, a perpétué bien malgré lui une disparité de reconnaissance envers ses élèves; le mot reconnaissance évoquant par-dessus tout le droit le plus élémentaire qui soit, l’estime sociale, demeurant encore le premier lieu où on se l’approprie.

Appuyé par de récentes études, de commentaires relevés auprès de différents acteurs scolaires et avec des exemples à l’appui, l’auteur expose les différentes formes de la dévalorisation scolaire et de la souffrance qui en résulte pour certains élèves, ainsi que les stratégies d’adaptation qu’ils mettent en branle pour garder le moral et se donner du mérite quand rien ne va à l’école. Reconnaissant une absence d’analyse du milieu éducatif sur les conditions menant à la disqualification scolaire, voire à la marginalisation sociale, il partage la conviction que l’école doit être repensée et inspirée par une culture de la reconnaissance de la différence. À cet égard, il invite les différents acteurs scolaires à une démarche de réflexion sur les effets dévastateurs des diagnostics attribués aux élèves considérés comme apprenants en difficulté, sur les regroupements scolaires réputés être dévalorisants par certains élèves ainsi que sur les idées préconçues et préjudiciables envers les élèves qui ne peuvent répondre aux attentes du « bon élève ». Parallèlement, il convie les écoles, peu importe le niveau scolaire, à souscrire à une démarche de réparation dans laquelle les élèves, éprouvés par un manque de considération durant leur parcours scolaire, puissent s’exprimer sur leurs malaises et doléances, répliquer aux tords subis et relancer leur rapport avec l’école et avec leurs accompagnateurs scolaires.

Par ailleurs, il insiste à ce que nous revoyons nos conceptions du développement scolaire et de son fonctionnement de façon à rendre l’école plus démocratique et moins stigmatisante; entre autres, en bonifiant la notion d’intelligence par le concept « d’intelligences multiples », par une extension des valeurs définissant le mérite scolaire et par une reconnaissance des parcours scolaires atypiques des élèves. Selon la description qu’il en fait, de telles écoles existeraient faisant montre d’audace et de créativité.

Pour conclure, l’auteur nous rappelle qu’une école se voulant inclusive et égalitaire est un leurre si elle n’est pas soutenue par une reconnaissance de la différence, par les modalités et les relations qui s’y prêtent. Une école où des accompagnateurs à tous les niveaux ne veulent plus se satisfaire de voir des élèves fonctionner en marge des autres.

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